04/01/2006
Dépoussiérer
Je souffle sur la poussière qui s'est accumulée sur le blog. Je vais moins poster, mais je vais recommencer. Vous pouvez également aller sur mon blog-roman
Bisous
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11/07/2005
Ca tourne...
Ma première roue de vélo tourne encore, elle n'est plus sous les feux de la rampe. Elle n'est plus sur la piste aux étoiles. La piste du stayer. Le speaker annonce la fin du tournage. Mais ça tourne. Encore. La cloche a sonné. Le dernier tour a été bouclé. Le dernier baiser a claqué, le dernier bouquet a été décerné. Mais ca tourne encore. Ma première roue de vélo tourne encore. Elle tourne. Comme une vielle bobine dans une salle d'arts et d'essais. Mais on n'est pas au rugby. Ca tourne. Je suis sur mon vélo.
Mon grand-père m'a appris à tourner, à virevolter, à frotter. Faire du surplace aussi, mais pour mieux sauter, mieux exploser. Il m'a appris à me cacher dans la roue de l'adversaire, à le surprendre. Il m'a appris à gicler. Je me protège du vent depuis qu'il m'a tout appris. Son cœur a lui il tourne plus que dans ma tête. C'est pas triste, la roue tourne. Faut bien qu'il disparaisse, pour que ca continue à tourner.
Ma deuxième roue de vélo, elle sera sans lui. Je me suis mis au tandem, avec une jeune fille qui roule. Il ne l'a pas connu. Depuis qu'il est mort, j'ai tourné à gauche, puis à droite, je me suis faufiler dans le gros du peloton. J'en regarde s'échapper. Ils tournent mal parfois. Moi, je me mets au tandem. Je l'ai demandé en mariage. Ne vous méprenez pas, mon coup de pédale est fluide. Il n'est pas heurtée. Je ne pioche pas une femme au hasard. J'ai déréglé le braquet de ma braguette. Elle je l'aime, parce qu'elle tourne dans ma tête. Comme une roue de vélo. Je la chérie plus qu'une américaine. Plus de poursuite, plus de course au points, plus de vitesse, juste un demi-fond calé derrière la moto de mon grand-père. Ca tourne.
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27/06/2005
Hapy Slapping
Londres, quoi de neuf ? Le happy slapping ! Une «espièglerie» très tendance parmi les ados de banlieue, qui est en train de conquérir le royaume tout entier. Le «jeu» consiste, dans un lieu public – rue, métro, bus, train, centre commercial, jardin public, école – à gifler ou à boxer un(e) passant(e), un(e) voyageur(euse), un(e) cycliste, pris(e) au hasard. Tandis que l'agresseur administre torgnoles et uppercuts durant quelques secondes avant de s'éclipser, des comparses, à courte distance, enregistrent la scène sur leurs téléphones portables équipés d'un enregistreur vidéo. Après quoi, ils téléchargent l'exploit, comme un clip, sur des sites Internet ou le transmettent à d'autres utilisateurs de portables.
Les séquences de cette violence gratuite sont affublées de titres évocateurs. Dans «Bitch Slap» – «Mandale à garce» –, un jeune s'approche d'une femme qui attend à un arrêt de bus. Dans «Knockout Punch», des ados conduisent un jeune garçon sur un terrain de jeu scolaire et l'un d'entre eux l'assomme d'un seul coup sur le crâne. Les happy slappers ne se préoccupent ni de l'âge, ni du genre, ni de l'état de santé de leurs victimes. Récemment, une jeune femme, souffrant d'un cancer et que la chimiothérapie a rendue chauve, a été battue comme plâtre alors qu'elle se promenait à Primrose Hill, au nord de Londres. «Tête à claques, tête à claques», lui lançaient les jeunes vidéastes. A Blackley, près de Manchester, une adolescente de 16 ans a été si malmenée qu'elle en est restée paralysée temporairement.
La police britannique s'inquiète. Ce qui, au départ, il y a six mois, pouvait passer pour une gaminerie de quartier dans le sud de Londres, tourne au rituel transgressif et s'étend à l'ensemble du pays. Déjà, plusieurs responsables scolaires interdisent les téléphones vidéo dans leurs établissements. Les patrouilles de police ont été multipliées aux endroits sensibles. Mais les bandes d'ados qui s'adonnent au happy slapping se sont adaptées. Elles choisissent des sites dépourvus de caméras de surveillance et investissent les parcs et les lieux les moins sécurisés. Le nombre des agressions est en hausse – 200 enregistrées depuis novembre dernier pour les seuls transports publics londoniens.
Tony Blair a promis de rendre plus sûres les rues du royaume et de faire entrer le civisme de gré ou de force dans la culture des jeunes. Il compte sur les recommandations – à venir – d'une commission d'experts désignés pour la circonstance. Parmi les missions assignées aux commissaires, définir un code national de bonne conduite, l'attribution de nouveaux pouvoirs aux directeurs d'école confrontés aux élèves violents et la responsabilisation des parents. C'est l'ennui, de l'aveu même de plusieurs happy slappers, qui serait à l'origine de cette forme de violence à la mode. Pour Graham Barnfield, expert des médias à l'université de Londres Est, c'est plutôt des émissions de télévision comme «Jackass» (MTV) et «Dirty Sanchez» (Channel 4) qui les inspirent, avec leurs séquences de défis loufoques. «Les jeunes se disent : nous pouvons, nous aussi, filmer nos propres séquences de douleur et d'humiliation infligées». Peut-être. Mais, en réalité, ce type de violence gratuite a toujours existé à Londres. Et les happy slappers sont les dignes rejetons des féroces Bold Bucks et des Mohocks, ces sociétés de gentilshommes du XVIIIe siècle, dont l'occupation principale consistait à «faire le plus de mal possible à leurs prochains» pris au hasard.
Le Monde du 25 mai
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16/06/2005
Perles
Professeur est le plus beau métier du monde. Avec journaliste, pilote d'avion, chirurgien, promeneur du dimanche et bâilleur aux corneilles. L'avantage sur toutes les autres de la profession d'enseignant consiste dans le don des connaissances.
Quelle satisfaction, imagine-t-on, de voir des gamins quitter sa classe en sachant résoudre une équation à deux inconnues, réciter le nom des rois de France ou un poème de Prévert, situer sur une carte la Beauce et l'Asie.
La satisfaction du professeur, c'est aussi de voir ses élèves franchir avec succès l'épreuve du baccalauréat.
Une page se tourne alors d'une longue série de copies d'écoliers entamée sur les bancs du primaire pour s'achever dans une salle d'examen. Face à des feuilles blanches avec rabat recueillant la quintessence d'une vie de potache.
Pour le plaisir, sans cruauté aucune, sourire aux lèvres, on s'est offert une petite tranche de rigolade avec les perles du bac, qui s'enfilent joyeusement sur la Toile. Millésimées 2004 (en attendant le cru en cours), elles donnent une idée de ce que peuvent découvrir les examinateurs. Preuve que leur boulot n'est pas seulement formidable : il peut aussi être rigolo, quoique inquiétant quant à la clarté de leurs explications.
L'histoire est manifestement un grand champ de créativité pour les candidats. Parmi les affirmations détonantes, nous avons relevé que "Napoléon III était le neveu de son grand-père" , que les pères de la révolution russe se nommaient "Lénine et Stalone" . Que, "privé de frites, Parmentier inventa la pomme de terre" . Notons encore que "le gouvernement de Vichy siégeait à Bordeaux" et, signe s'il en était que la géographie ouvre de larges horizons : "Les Allemands nous ont attaqués en traversant les Pyrénées à Grenoble."
Si l'on remonte vraiment dans le temps, on peut encore apprendre que "les empereurs romains organisaient des combats de radiateurs" (des combats très chauds, on suppose). Clovis mourut "à la fin de sa vie" et Charlemagne "se fit châtrer en l'an 800" .
En sciences naturelles, il est intéressant d'apprendre que, "pour faire des œufs, la poule doit être fermentée par un coq" . Encore mieux : "les escargots sont tous des homosexuels" et "les calmars géants saisissent leurs proies entre leurs gigantesques testicules" , tandis que "l'artichaut est constitué de feuilles et de poils touffus plantés dans son derrière" .
On est aussi très heureux, et édifié, de savoir que, "pour mieux conserver la glace, il faut la geler" , et que 1 kilo de mercure "pèse pratiquement 1 tonne". Au rayon des mœurs étrangères, précisons qu'autrefois "les Chinois n'avaient pas d'ordinateurs car ils comptaient avec leurs boules".
Dans le concert des "têtes", il en est qui dépassent la moyenne avec ces assertions logiques : "Le cerveau des femmes s'appelle la cervelle" ; "le cerveau a deux hémisphères, l'un pour surveiller l'autre" ; "le cerveau a des capacités tellement étonnantes qu'aujourd'hui pratiquement tout le monde en a un".
Ouf ! On allait presque en douter, surtout en lisant cette bourde, qui vaut 20/20 : "La datation au carbone 14 permet de savoir si quelqu'un est mort à la guerre." Et cette dernière : "La terre rote sur elle-même." Là, il y a un hic !
Eric Fottorino pour "Le Monde"
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15/06/2005
Le Chaviez-vous?
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Intercours
J'ai vécu toutes sortes d'intercours, des sages, des dissipés, des militants. Nous avions tous un "Lafuma", un jean "Levi's", un tee-shirt "nike", et des "docker's". Puis nous avons tous eu un "Hervé Chapelier", un "bagguy dickie's", un sweat à capuche trop large, et des "airwalk". Nous avions tous une trousse DDP, un waterman fuyant, deux gommes rebondissantes. Puis nous avons tous eu un stylo dans la poche, un effaceur dans la bouche, et trois feuilles dans une pochette.
Mon premier intercours était de ceux que l'on oublie. Pas de bises aux filles de la classe, pas de "poignets", de mains viriles. La sixième. Je ne connaissais personne. Mon sweat "Hard Rock café New-York", tout neuf, n'a pas impressionné autant que je le souhaitais. J'ai regardé, j'ai pris mes marques. Au fond de la classe, déjà deux, trois rires. Au premier rang, quelques têtes blondes ou brunes tentent de s'impressionner. Lors du premier intercours, divers prix sont décernés: le premier prix de l'ouverture de cahier, le trophée du camarade timide, la palme du trublion, les lauriers de la bavarde. Lors de mon premier intercours, 33 primo-collégiens se sont promis de chambouler tous ces classements. Nous avions toute une année pour bouleverser la hiérarchie. Nous avions toute une scolarité pour profiter des intercours, pour sauter, renverser les sacs, rire à gorge déployée, s'arroser de bonne humeur, de phrases assassines, et d'eau du robinet.
Vendredi 14 avril 1995. Le cours de Madame Behm, professeur de mathématiques, s'achève dans un silence quasi religieux. Elle est très sévère Madame Behm, puis parce que la sévérité ne suffit pas, ou plus, elle est charismatique. La sonnerie est en train de retentir, mais nous attendons la vraie sonnerie, celle de Madame Behm qui finira bien par nous congédier. Le soleil cogne dur sur les épaules nues de mes voisines de devant. Je cherche à déceler une bretelle de soutien-gorge, mais suis bien trop aveugler par les reflets du soleil sur ma copie double "Clairefontaine". Enfin, des bruits de chaises me font échapper à l'insolation. L'intercours commence. J'ai dix minutes pour signifier à mes camarades, ma joie de retrouver le soleil, mon plaisir de découvrir le désir, mon rire, et autres trucs en –ire. Un seul bémol, toutefois à ma portée, je suis pataud. Je suis lourd. De ces enfants terribles que l'on apprécie que lorsque tout va bien. Pour cet intercours, j'improvise. Madame Behm a grappillé sur mon temps de jeu. Madame Caron, professeur de physique arrivera bientôt.
J'improvise et tire sur tous ces sacs à dos orange fluo, vert bouteille, noir café, jaune citron et rose barbie. L'effet: toutes les chaises se renversent irrémédiablement attirées par le poids d'un sac surchargé de manuels scolaires, de goûters copieux, et de foutus cahiers (sacré Charlemagne!). A mon tableau (de chasse), une dizaine de chaises sur les fesses, mais le pas de Madame Caron se fait entendre. "Cohue! Bohue! Chari! Vari!" Trente élèves amassés près de la porte d'entrée de la classe tentent de rejoindre leur chaise. Dans la panique, je trébuche sur une chaise que j'ai fait choir. La cheville foulée, les yeux rivés sur la blouse blanche et hautaine de l'infirmière, je regrette amèrement les bretelles de mes voisines.
Prochainement un autre intercours…
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Plus que jamais perdu...
On ne parle plus ces jours-ci que de «Piano Man», cet homme débarqué sur une plage anglaise sans papiers ni marques, comme tombé du ciel. On ne voit que lui et pourtant on ne voit pas le problème qu'il symbolise : il y a des gens que nous ne voulons pas voir. Les sans-abri, les mourants. Que nous réduisons à des non-êtres. «Piano Man» se présente sans existence, sa mémoire effacée. Il n'y a donc plus rien à voir. Alors seulement nous acceptons de le voir. Et nous ne voyons maintenant que lui. Mais sans croire à son existence. C'est peut-être un fabulateur après tout mais, au-delà de cette question, sa fable est révélatrice de notre volonté de ne pas voir l'Autre. Ce n'est pas nouveau : nous ne voyions pas pendant longtemps ceux qu'on appelait les primitifs. A leur place, on voyait des bêtes sauvages. Puis des hommes vides comme «Piano Man» auxquels il fallait apprendre l'histoire de France ou celle de la Couronne. J'imagine que «Piano Man» doit être examiné comme Klaatu dans Le jour où la Terre s'arrêta ou David Bowie dans l'Homme tombé du ciel. On va lui coudre les vêtements sans marque sur la peau pour s'assurer qu'il ne révèle jamais une autre identité.
Le rapprochement n'est pas artificiel : il y a une étonnante symétrie entre notre refus de voir tels qu'ils sont les autres êtres, classés comme inférieurs, et ceux qu'on classe comme supérieurs, les ET. Dans un roman génial publié peu avant sa disparition, l'astronome américain Carl Sagan imaginait qu'un contact était établi. Devinez ce qui arriva : les hommes refusèrent de voir qu'il y avait contact. Ils accusèrent les auteurs de la découverte de mensonge ! Je propose donc une solution qui en vaut une autre : «Piano Man» est un extraterrestre !
Libération
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14/06/2005
Pub pour Le "Syphax" (2): Frères de comptoir
Méziane, 31 ans et Idirs, 27 ans sont frères. Complices, ils ont décidé d'ouvrir un bar dans le neuvième arrondissement à l'ombre de l'Eglise Notre-Dame-de-Lorette. Sympathie, plaisir, clin d'oeil rythment leurs journées endiablées. une aventure caféiné.
Depuis le 4 mars, Meziane et idris travaillent ensemble au "Syphax", un bar convivial et dynamique. ils appliquent la politique de l'idyllique. Méziane était acheteur au marché de Rungis, Idirs travaillait lui dans la restauration. fatigués de ne pas bosser pour eux, et tentés par une aventure en binome, ils ont acheté un fond de commerce. "On a tout refait à neuf, de A à Z". Finies les chaises en cuir déchiré, le papier-peint des années 60. Bonjour banquettes neuves, lampes design, et musique branché. Depuis trois mois, la route du succès est ouverte. L'affluence grandit chauqe jour. Les frangins travaillent ensemble. "Dans le boulot, il n'y a plus de relations fraternelles. On bosse comme deux associés." Le client a du mal à y croire, en les voyant évolués entre les plats chauds, les cafés serrés et les boissons fraîches. Sourires, clin d'oeil. "On a toujours été très complices."
D'ailleurs leur enfance et leur jeunesse raisonnent encore dans les cent mètres carrés du café. "Le Syphax, c'est un cabaret d'Algérie que je fréquentais quand j'étais jeune. J'ai voulu recréer cette ambiance, et retrouver ces bons souvenirs." Une madeleine de Proust et un allongé, s'il vous plaît. Pour retrouver une part d'enfance et de jeunesse, les deux frères ont façonné un lieu dynamique. La musique, les soirées concerts, les bas prix, la confiance et la chaleur avec les clients. Meziane et Idris viennent d'ouvrir le café dont ils ont toujours rêvé, pas celui des "délices", mais celui du "coeur". les clients se sentent à l'aise, entourés par deux grands frères, comme sur un photo de famille. pas d'addition, pas de prix exhorbitants. Les deux n'agissent pas par soif su succès, mais par passion. ils espèrent ouvrir d'autres "Syphax" dnas les quartiers populaires de Paris. Pour servir les cafés, et pour servir d'exemple. Celui de la fraternité, du succès, au milieu des habitués et de leur thé glacé. a deux derrière le comptoir, tout est plus simple. Les clients sont réjouis. Meziane et Idris aussi.
2 400 signes
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Pub pour Le "Syphax" (1): Du soleil dans mon café
Métro Notre-Dame-de Lorette, dans un quartier en manque de chaleur, plein de cadres dépressifs et d'ouvriers moroses, deux frères ont ouvert depuis le 4 mars, un café dynamique, "Le Syphax". Au menu, sourires, rires, clin d'oeil, confiance, musique et bas-prix.
13 heures!!! Soixante couverts, un cuisinier, deux maîtres d'hôtel. Six bras pour combler soixante palets. Le nouveau café vit à cent à l'heure. Pas le temps de s'attarder, mais toujours une seconde pour adresser un regard, lancer un trait d'esprit. Le menu est emballant. Un mixte au bar, une blanquette sur la banquette.
"Deux cafés!"
"Bonjour!"
"On se revoit ce soir!"
Tout fuse, les assiettes reviennent vites et vides. En deux mois et demi, le Syphax s'est trouvé une clientèle heureuse d'être chouchouté, heureuse de bien manger, sans supporter un patron grippe-sous, ou un décor ringard. Le Syphax est ouvert à tous, comme sur les boîtes de jeux de société, de 7 à 77 ans. Deux frères Meziane et Idris, "les tauliers" recherchent ce genre de clientèle. "L'essentiel, c'est d'avoir un contact facile entre le patron et le client. Dans certains cafés, le client n'ose même pas commander. Il faut une ambiance chaleureuse, un climat de confiance." Ainsi, excépté le midi, il n'y a pas d'addition sur les tables. Chacun va payer au bar, ou laisse ses euros sur la table.
Les deux hommes font confiance à leurs clients et ça marche. Les fûts se vident, la machine à café ronronne toute la journée. le Syphax ne désemplit pas et c'est plaisant. "De toutes façons, moi je suis là pour travailler dur. D'ailleurs, je ne ferme pas à 20 heures comme à côté. je veux que ça bouge." La recette est simple. Le Syphax reste ouvert jusqu'à deux heures du matin, propose des soirées concerts et les plus longues "happy hours" de l'univers. De 16 heures à 02 heures du matin, les boissons sont à 1,50 euros. "Ce n'est pas du marketing" plaide Méziane. "Je veux juste être actif, pouvoir me dépenser, travailler, me faire plaisir." Une philosophie du bonheur, comme lorsque Méziane était jeune et qu'il fréquentait le Syphax, un cabaret d'Algérie. "Cet endroit m'a marqué, j'ai plein debons souvenirs, je voulais recréer cette ambiance."
Le café est déjà le foyer des étudiants, la cantine des cadres, le repère des habitués. Méziane et Idris ne veulent pas s'arrêter là. Le but, conquérir Paris, et ouvrir plusieurs "Syphax" dans les quartiers populaires.
2 500 signes
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10/06/2005
Touche pas à mon arbitre!
Quelle instance va innover et prendre une décision? Mettre un micro sur le maillot jaune de Gilles Vaissière, pour l'entendre alpaguer les joueurs durant une finale de coupe de la Ligue, ne suffit plus. L'olympique lyonnais n'a pas été à Istanbul, Monsieur Frisks ne distribuera plus de cartons jaunes. Les "couacs" liés à l'arbitrage sont trop nombreux. Le football, sport populaire, a toujours été confronté à des problèmes avec l'autorité. L'arbitre et ses assesseurs représentent le pouvoir, la puissance, la tutelle. Pour autant, les hommes en noir restent le plus souvent des acteurs discrets. Inutile de crier: "Police partout, justice nulle part". Et si l'arbitre est un "enculé", c'est probablement le fait des joueurs anarchistes, des supporters contestataires, des entraîneurs syndicalistes et des présidents libéralistes. Non, la principale difficulté pour un arbitre, c'est d'être seul, sur un grand rectangle vert, avec pour seuls copains, deux types grassouillet qui courent le long d'une touche, et soulèvent un drapeau de temps en temps.
Qui pour aider, soulager, accompagner l'homme au sifflet? Le quatrième arbitre est trop occupé à calmer les bancs de touches et à inscrire des numéros invraisemblables (de 1à 99) sur un panneau. La vidéo pourrait devenir le cinquième arbitre. Mais, nul doute que le préposé à la vidéo, devant son écran plasma préférera regarder les plus beaux buts de Cantona, plutôt que de visionner cinq fois le tacle acharné de Cyril Rool sur Lilian Laslandes. L'idée d'arbitres de surface de réparation a également germé. Des futurs juges de lignes apparaîtraient au stade Bollaert. Comme à Roland Garros, ils s'assoiraient sur une chaise, prêt à recevoir deux à trois ballons dans le visage par match, et prêt à afficher sur leur maillot le logo d'une grande banque parisienne. Après une discussion avec une dizaine d'adjoints, l'arbitre central resterait pourtant à la merci des critiques, des jets de fumigènes. Il y aura toujours un responsable sur le terrain, un homme qui doit prendre la dernière décision. Si les règles ne changent pas, les réactions qu'elles suscitent resteront les mêmes, et ce quel que soit le nombre d'arbitres.
La solution pourrait venir d'une nouvelle lecture du règlement. Deux solutions: soit les arbitres ne sifflent plus que les crachats, les coups de boules et les tacles par derrières les deux pieds décollés, soit ils réprimandent le moindre tirage de maillot. Il ne s'agit pas d'être intransigeant. En 2005 les journées de ligue 1 n'ont offert aux spectateurs que 2,11 but par match. Si l'arbitrage devient moins sévère, les filets ne trembleront plus que cinq fois pour dix matchs de L1 (deux inscrits par Lyon, et trois encaissés par Marseille ou le PSG).
Pour une fois, les instances du football devraient suivre ceux qui prônent le fair-play et le "flair-play": les rugbymen. Ces derniers parlent souvent d'esprit du jeu. Lorsque dans un regroupement, un joueur talonne à la main, il est sanctionné. Il n'y a pas de fautes, de contacts, mais son geste est contre l'esprit du jeu. De même, lorsqu'un "première ligne" plaque au-dessus des épaules, il prend un carton jaune et subit 10 minutes d'exclusion, autrement dit un véritable avertissement. Imaginez, une finale de champions league. L'arbitre siffle le début du match. Une équipe joue de manière musclée pour casser le jeu. A la 13ème minute, carton jaune. Jusqu'à la 23ème, ils seront dix. Le joueur fautif est déçu, on ne l'y reprendra plus.
Toutes ces pistes plus ou moins bonnes doivent être explorées. Pourvu que la FIFA, l'UEFA, la FFF, et autres sigles qui ne mouillent pas le maillot s'activent. Guy Roux aura toujours un gros ventre, mais râlera moins souvent.
11:09 Publié dans le texte du moment | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note














